Le meilleur pour la fin

24 août 2008

Ca ne pouvait pas mieux terminer. Les handballeurs ont bouclé de la plus belle des manières cette quizaine olympique. Les Experts étaient trop forts pour les autres. Ils ont tué le suspense dans une finale à sens unique mais on ne va pas de plaindre. Ils ont gagné le seul titre qui manquait encore au palmarès de ce sport.

 Devant sa télé, Jeff a forcément vibré. Forcément, lui l’ancien gardien de but du Bataillon de Joinville a apprécié tous les arrêts de Thierry Omeyer, intraitable en finale. Il a apprécié l’exploit des Bleus dans son sport, qu’il aime être éloigné du sport-business.  Lui qui était déjà là – cette fois en reportage pour le journal – à Barcelone pour couvrir l’inattendue 3e place des Bronzés futurs Barjots.

Jeff a naturellement ri jaune devant les contre-performances de « ses » athlètes. Car si le hand a brillé sur la fin, tout ne fut pas rose pour les Bleus à Pékin. La plupart des tauliers – à part Absalon et Bernard – n’ont pas été à la hauteur de leur standing. C’est la dure réalité des Jeux. Pas question toutefois de snober les 40 médailles françaises. Toutes sont belles.

C’est la loi du genre: à peine terminés, ces JO font déjà place dans les esprits à ceux de Londres.  See you in 2012.

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La parole aux Experts

22 août 2008

Même si au bout du compte, ça ne fera peut-être qu’une seule médaille d’or, les handballeurs méritent notre soutien. Et toute notre estime. Une sacrée équipe qui va encore nous faire vibrer dimanche (9 h 45 en France) pour une grand-messe du sport. Pendant que les athlètesaccumulent les contre-performances, ces Bleus-là sont au sommet de leur art. Et pas question de se laisser emm… par des maudits Islandais.

Ils s’appellent désormais les Experts. Avant, pour leur titre de champion du monde 2001, c’était les Costauds. Et, encore avant, il s’agissait des Barjots. Tout au début de l’histoire. En 1992 à Barcelone, je me souviens encore de cette bande de joyeux lurons aussi fous sur le terrain qu’en dehors. Ils avaient remporté la médaille de bronze et avaient sorti le hand des préaux des écoles. En 1995, bien avant les footeux, ils avaient remporté le premier titre mondial pour un sport collectif français. C’était en… Islande. Joueurs et entraîneurs ont successivement houspillé leur Fédération pour ne pas avoir su utiliser leurs formaidables exploits. Le hand a été remplacé par le basket ou le foot dans les cours d’EPS et n’a pas vraiment squatté les écrans de télé.  Un premier titre olympique, le seul qui manque à leur palmarès, pourrait tout changer. Pour eux, c’est sûr.


Pas de honte à être 4e

21 août 2008

C’est le principe des Jeux. Comme on prête qu’aux riches, on ne salue que les médaillés. Et c’est le jeu, le 4e n’est pas invité sur le podium. Alors, comme Ladji Doucouré à la fin du 110 m haies cet après-midi, il pleure. Souvent. En se disant qu’il est passé à côté « de quelque chose de grand ». C’est qu’on dit Jean-Baptiste Macquet et Danny Rodrigues… 5e en aviron et en gym. Quand on termine 4e, on fait le tour de ce que l’on a pu manquer, de ce qu’on a mal fait. Et on rumine. En oubliant parfois la valeur des trois qui sont devant. 

Quand on est 4e, la vie ne s’arrête pas. Non, elle continue juste comme avant. Loin du tourbillon médiatique des médaillés et de la reconnaissance publique. On rentre vite dans le rang: celui des sélectionnés olympiques. Cet été, ça ne pèse pas bien lourd mais dans cinq ou dix ans, ça fera fureur dans tous les dîners en ville. « Quoi, tu as fait les jeux Olympiques ? Ca doit être super ? » Juste avant que l’on ne demande: « Tu as eu quoi comme médaille ? » Il faudra alors s’excuser: « Ben aucune, juste 4e. » Regard compatissant. « Désolé. »


Petit Tom est devenu grand

19 août 2008

« Je suis content pour lui. C’est vraiment un p’tit gars sympa. » Jeff avait laissé ses athlètes un temps pour regarder les gyms de Sotteville et il a naturellement salué la superbe médaille d’argent de Thomas Bouhail au saut de cheval. La belle histoire d’un mec, qui s’est fait opéré de l’épaule un an auparavant, que la commission de sélection ne voulait pas emmener dans un premier temps aux JO et qui finalement a joué son rôle de remplaçant en devenant titulaire le 4 juillet. Des histoires pour les journalistes. Des histoires qui forgent aussi le moral d’un champion. L’argent fait largement son bonheur. Tom rêve déjà des Jeux de… 2016.

LA VIDEO DE L’APRES-MEDAILLE DE BOUHAIL

Impossible d’oublier aussi Danny Rodrigues, seigneur des anneaux… reparti sans lauriers. On lui répète que 5e en finale « c’est déjà pas mal. » Ce n’est pas permis à tout le monde. Mais Danny se dit aussi qu’il ne participera peut-être plus à une finale olympique. Il n’a pas réussi à sauter sur l’occasion. La vie de Tom va changer. Pas la sienne.


A cent à l’heure

16 août 2008

La finale du 100 m ? Le grand moment qu’il ne faudrait pas manquer ? La reine des courses. D’acord mais ce samedi, il y avait les premières finales d’aviron. Moins rapide. Moins bling-bling. J’ai pu voir Jibé Macquet, le Dieppois, s’éloigner du podium au fil de la course. Il est 5e. Autant dire rien pour lui. Il visait l’or alors ne pas avoir de médaille… « Je suis au fond du trou », dit-il à l’autre bout du bout du fil. Encore KO debout deux bonnes heures après sa finale manquée.

Il y a aussi eu la surprenante médaille de bronze du quatre sans barreur, la 22e française, avec deux grands costauds de Verdun à son bord. Benj et Germain. J’ai forcément hurlé quand ils ont chipé le bronze aux Slovènes à 300 m de la ligne.

Mais bon, y’a pas à dire, la finale du 100 m fut un sacré grand moment. Avec Bolt devant et tous derrière. A cent à l’heure. Bien sûr, il faudrait prendre les précautions d’usage puisqu’il s’agit du 100 m et que tand de vainqueurs n’ont pas passé le cap du premier contrôle antidopage ou du premier scandale pharmaco-sportif qui suit. Bien sûr, Bolot, on veut y croire. Je veux y croire. Ca doit être mon côté olympique. Un mélange de naïvité et d’idéalisme. Pas vraiment bling-bling. Plus rameur de Verdun que sprinteur jamaïquain.

Dimanche, il faut encore se lever tôt parce que Michael Phelps devrait réussir son grand huit, faire mieux que Mark Spitz, renvoyé aux archives avec ses sept titres de Munich en 1972. Et puis, il y a encore des finales d’aviron. Et du sabre par équipes. Ca aussi ça fait bling-bling.


L’or ne fait pas que des heureux

15 août 2008

On peut donc être champion olympique et malheureux. Ou plutôt pas totalement heureux. Scène surréaliste cet après-midi lors de la finale de l’épér par équipes. La France se balade face à la Pologne. Les Bleus, tenant du titre olympique et triple champions du monde, sont partis pour compléter leur collection. Mais Jérôme Jeannet se blesse au poignet droit. Celui qui tient à l’épée. Pas pratique. Ca tombe bien, un remplaçant est prévu au cas où. Jean-Michel Lucenay est prêt à entrer en piste. Seulement voilà, l’arbitre en décide autrement et ne constate pas la blessure. On peut changer un tireur entre deux tours (comme l’ont fait Italiens et Polonais) mais pas pendant un duel s’il n’y pas de blessure. Jeannet doit poursuivre l’assaut et Lucenay se rasseoir.  Avant de pleurer toute les larmes de son corps en vayant ses potes monter sur la plus haute marche du podium. Un trio plus que déçu. Qui ne retiendra que ce réglement stupide.

On se souvient qu’en finale du sabre en 2000 à Sydney, le Gisorsien Cédric Seguin n’était entré en scène que pour la dernière touche face au Russe sur une entorse – pas forcément flagante – de Damien Touya. Qu’importe, Seguin est officiellement vice-champion olympique. Lucenay n’a droit qu’aux photos souvenirs sans la breloque autour du cou. C’est peutêtre un déatil pour vous mais pour lui et ses potes ça veut dire beaucoup. Car en escrime et pour la plupat des sports de la quinzaine, c’est pour ce bout de ruban que l’on se bat et que l’on s’entraîne. Pour mieux le perdre ensuite au fond d’un tiroir. Lucenay a finalement eu droit à son heure de gloire. Champion sans l’être.


Matin bonheur

14 août 2008

Re-matin de Pékin. Et vraiment pas chagrin.  Levé très tôt mais il n’est jamais trop tôt pour vivre de pareils moments. En live car le sport se vit en direct. D’abord Hugues Duboscq. Monsieur Hugues Duboscq. Le Havrais, noyé il y a deux ans. Raillé. Mëme dans ses propres eaux haut-normandes. Touché mais jamais coulé. « Les grands brasseurs font le 100 m et le 200 m », dit depuis des années son coach de toujours Christos Paparrodoupoulos, le sorcier grec, qui a persuadé son nageur qu’il pouvait largement brillé sur 200 m. Ce matin, en compétiteur né, à la d’eau n°8 comme en finale du 100 m brasse à Athènes, Duboscq a chipé le bronze. Il va pouvoir avoir une statue à l’entrée de « sa » nouvelle piscine de la Porte Océane. Chapo Hugues !

Et puis, il y a eu la finale du 100 m. LA finale parmi les les finales. La courses reine. Celle des rois. Et Alain Bernard en est un. Lundi, il était inconsolable après avoir bouclé le relais juste derrière les Américains. Ce matin, il a fait très, très fort. Ca valait vraiment le coup de se lever.